La revue Sciences humaines

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L'abécédaire des sciences humaines

Les Sciences Humaines. Panorama des connaissances

jean-François Dortier

2009 - 480 pages - ISBN : 9782912601797

Explorer un univers de connaissances
Comment est né le langage ? Qu’est-ce que la conscience ? Sur quoi repose le lien social ? D’où viennent les inégalités entre hommes et femmes, entre pauvres et riches ? La violence est-elle naturelle ? L’histoire a-t-elle un sens ? Autant de questions auxquelles les sciences humaines cherchent à répondre.
Jamais la matière humaine ne se laissera enfermer dans le cadre d’une seule discipline. Les sciences humaines constituent un univers dont ce panorama invite à explorer les multiples facettes : domaines, théories, auteurs, débats et recherches.
Le lecteur peut ainsi, à loisir, passer des origines de l’homme aux théories de l’imaginaire, de l’histoire globale à la description de l’autisme, de l’étude du langage à la géographie des villes.



Le corps sous contrôle

Maquillage, régimes amincissants, tatouages, piercings , chirurgie esthétique, séances de musculation ou jogging..., notre corps est l'objet de toutes nos attentions. Un nouvel idéal s'est emparé de nos sociétés : être beau et en bonne santé. C'est un hommage que l'on veut se rendre à soi-même. Cela révèle aussi un besoin profond de se faire aimer, reconnaître, admirer. car derrière l'apparent culte de soi se cache aussi un besoin irrépressible de reconnaissance. Et pour répondre aux canons de la beauté et de la santé, combien de sacrifices ! C'est le paradoxe de ce monde : pour réaliser ses désirs, il faut s'imposer une ascèse permanente, un contrôle du corps d'autant plus efficace qu'il est librement consenti.

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Le souci du corps


L'origine des sociétés

Quand et comment les sociétés et les cultures humaines sont-elles apparues ?

Les réponses à ces grandes questions se répartissent en deux catégories.

• Les sciences humaines ont répondu sous la forme d’un « grand récit » des origines, qui affirme que la société est née en rupture avec l’ordre naturel, sous forme d’un acte inaugural. Jean-Jacques Rousseau et Thomas Hobbes voyaient la naissance de la société comme un rassemblement d’individus « sauvages » décidant soudain de passer un « contrat social ». Émile Durkheim identifiait la fondation des sociétés à une grande cérémonie collective donnant naissance à la fois à la religion, à la morale, à la société et aux représentations collectives. Claude Lévi-Strauss a imaginé que le passage « de la nature à la culture » s’est effectué avec l’invention de la prohibition de l’inceste et l’échange de femmes.

• La théorie de l’évolution propose un autre modèle. Elle affirme que les sociétés humaines ne se situent pas en rupture, mais dans le prolongement de l’ordre naturel. La société n’est pas une invention humaine. Les loups vivent en petits groupes communautaires, autour d’un chef qu’ils vénèrent, respectent et suivent fidèlement. Ils chassent ensemble, s’occupent des petits, prennent le repas en commun et pratiquent même l’évitement de l’inceste. Et le monde animal a créé une grande diversité de formes de vie sociale.

L’étude des sociétés animales remet donc en cause un dogme fondateur des sciences humaines selon lequel la société est fondée sur la culture et que cette dernière marque une rupture avec l’ordre naturel.

Depuis quelques années, il n’est plus de mise d’opposer ces deux modèles, il faut envisager leur dépassement. Mais comment ? C’est ce que nous allons voir.

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L'origine des religions

Chez les Incas des hauts plateaux Andins, un mythe raconte qu’à l’origine de toute chose il y a le Dieu Viracocha. C’est lui qui fit apparaître le Soleil, créa le ciel et la Terre ; et il les peupla ensuite de toutes les créatures : astres, montagnes, sources, arbres, animaux. Il donna vie aux humains, en créant des couples qui devinrent les ancêtres de chaque tribu des Andes.
A chacun d’eux furent donnés un langage, une terre et des graines à cultiver, des coutumes et des lois à respecter.
Dans toutes les sociétés, les hommes ont inventé des récits similaires. Il y est question de divinités invisibles qui sont à l’origine du monde. Et ces divinités ne se contentent pas de vivre leur vie propre : elles influent sur la nôtre, et il faut, par des prières, des sacrifices, des cérémonies, s’attirer leur protection, éviter leur colère, demander leur pardon…
Voilà le noyau de ce que l’on appelle une « religion » : des esprits invisibles, des rites, une morale. La formule est à peu près universelle ; les formes varient à l’infini.
D’où viennent ces croyances et ces rites de dévotion ? Dès l’Antiquité, certains penseurs – pas aussi naïfs et dévots qu’on pourrait
le croire – avaient proposé des explications. Lucrèce, dans De la nature, pense que les hommes ont inventé les dieux en réponse à l’admiration, l’étonnement, face à la nature et au besoin de comprendre ce qu’ils ne maîtrisent pas. Le Grec Critias pensait que les dieux n’étaient que de pures inventions, destinées à discipliner les humains, leur inculquer un sens du bien, du mal et des traditions, qu’il faut respecter si l’on ne veut pas s’attirer les foudres du ciel.

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L'Origine des Cultures

Depuis les débuts des recherches en préhistoire, il y a cent cinquante ans, la quête des origines de l'homme s'est résumée à une histoire de crânes, d'os et de silex. Le but étant de reconstituer l'arbre généalogique de l'humanité, c'est-à-dire la longue saga des ancêtres ayant conduit des premiers hominidés à Homo sapiens.

La naissance de la pensée, des cultures et du langage est longtemps restée une question purement spéculative, car les idées et les paroles ne laissent que peu de traces. Les outils de pierre étant les seuls vestiges d'activité humaine, on a conclu à une longue évolution de ce qu'on appelait faute de mieux une « culture matérielle », comme si les hommes qui ont taillé les silex n'étaient pas capables de rêves, d'imagination, de jeux, d'histoire, d'art. Depuis deux décennies, la connaissance de l'émergence du langage, de la culture et de la pensée au cours de l'évolution a fait des progrès décisifs grâce aux recherches menées en sciences cognitives, en archéologie et en psychologie évolutionniste. Des hypothèses et scénarios nouveaux voient le jour. Ils portent sur plusieurs questions capitales pour comprendre la dynamique de l'évolution humaine.

- Comment penser l'évolution de l'homme ?

Le schéma darwinien de la sélection naturelle suffit-il à expliquer l'évolution de l'homme ? Et, si oui, sur quoi porte la pression sélective : le groupe ou l'individu ? Et comment les innovations se transmettent-elles au sein d'un groupe ?

Sans avoir tranché ces questions, on commence à y voir un peu plus clair sur les mécanismes - sélection naturelle, sélection sexuelle, coévolution cerveau/culture - qui ont engagé les hominidés dans une voie si singulière.

- Quand la culture est-elle apparue ?

A partir de quand les comportements symboliques propres aux humains - qui se manifestent à travers l'art, le langage, les techniques et de nouvelles formes de vie en société - ont-ils émergé ? Pendant longtemps, on a vu dans le « big bang culturel » du paléolithique supérieur (il y a 40 000 ans environ) une soudaine émergence de l'esprit humain.

Ce scénario n'est plus de mise. La culture, le langage, l'art, les comportements symboliques se sont développés en plusieurs étapes dont les prémices remontent à bien avant l'apparition des hominidés. L'existence de cultures animales - aujourd'hui admise par les spécialistes - en offre une preuve saisissante. Les étapes du passage entre les premières formes culturelles et celles des hommes modernes sont également entièrement reconsidérées à la lumière des découvertes récentes.

- Quel est le facteur décisif qui a permis l'émergence des cultures ?

De nombreux facteurs ont été avancés pour expliquer l'émergence des cultures et des capacités symboliques des humains : le langage, la technique, l'intelligence sociale, l'imitation et l'apprentissage. Certains avancent désormais une nouvelle hypothèse : la capacité à forger des métareprésentations ou représentations détachées.

La question des origines des cultures humaines restera longtemps ouverte. Mais elle ne peut plus être abordée sans prendre en compte les avancées considérables de ces dernières années. Ce premier numéro des Grands Dossiers de Sciences Humaines vous en offre donc un riche aperçu.

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Coup de théâtre : le handicap n’est pas occasionné par un accident ou une maladie, mais par la société, accusée de ne pas savoir aménager des environnements accessibles à tous. A elle de s’adapter ! Voilà le nouveau regard entériné par la loi française de 2005. Dans les faits, la société est loin d’avoir tiré toutes les conséquences de ce virage : scolarisation et insertion professionnelle, par exemple, présentent toujours d’importantes lacunes. Et déjà, l’émergence d’Internet amplifie des débats confirmant que le handicap ne relève plus seulement du médical, mais aussi du socioculturel : volonté de briser les tabous de la sexualité et de la nudité, affirmation d’une culture du handicap, et même montée d’un certain communautarisme.

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