SOMMAIRE


Conférence de présentation (C.Tarot)

Auguste Comte (1798 - 1857)

Philosophe français, fondateur du positivisme.

Pour Auguste Comte, toute science passe par trois phases successives. Il s’agit de la loi des trois états : une phase théologique, où l’esprit humain perçoit les phénomènes comme le fruit d’actions surnaturelles ; une phase métaphysique, où les forces surnaturelles sont remplacées par des forces abstraites ; une phase positive, fondée sur l’étude empirique de phénomènes observés objectivement et de leurs liens de causalité.

Il est le grand précurseur de la sociologie, discipline qui lui doit d’ailleurs son nom. Comte se fonde sur une démarche inductiviste, basée sur l’observation.

Erigé en religion, le positivisme fait de l’humanité son objet de culte.

 

Talcott Parsons (1902 -1979)

L'un des plus grands théoriciens de la sociologie contemporaine.

Le système théorique de Parsons (théorie de la socialisation) repose d'abord sur l'idée que tout système social doit, pour exister et se maintenir, répondre à quatre impératifs fonctionnels : la poursuite de buts, l'adaptation au milieu environnant, l'intégration des membres dans le système social, la stabilité normative ou latente. 

 

Marcel Mauss (1873 - 1950)

Disciple d’Emile Durkheim, et fondateur de l’ethnologie française.

Selon lui, un fait social comporte toujours des dimensions économiques, religieuses et juridiques. Il appréhende l’homme dans sa réalité concrète, d’un point de vue physiologique, psychologique et sociologique.

Il s’est interrogé sur sur la signification sociale du don dans les sociétés tribales, a démontré que les rites, la magie étaient enracinés dans la vie sociale.

 

Bernard Golse

Pédiatre,pédopsychiatre et psychanalyste.

Spécialiste du développement précoce et des niveaux archaïques du fonctionnement psychique, il s’intéresse tout particulièrement à la mise en place de la psyché chez l’enfant et à l’instauration des processus de sémiotisation et de symbolisation.Son approche des problématiques sur l’autisme prend en compte l'ensemble des acquis des neurosciences et de la psychologie développementale. Insistant sur la nécessité d’un dépistage précoce, il prône une prise en charge multidimensionnelle des enfants.

 

Georges Canguilhem (1904 - 1995)

L’un des rares philosophes à allier une formation médicale à une formation philosophique.Ces études s’achèveront par une thèse soutenue en 1943, « Essai sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique «, reprise et complétée en 1966 sous le titre de « Le normal et le Pathologique ».Aujourd'hui encore, cet ouvrage reste fondamental sur le plan de l'anthropologie médicale et de l'histoire des idées.

Dans « La connaissance de la vie » en 1952, il considère l’organisme sous l'angle de sa relation avec le milieu où il vit, sa survie (et dès lors sa relation aux « erreurs » génétiques et à l'« anormalité ») dans ce milieu, et son statut au-delà d'une simple « somme des parties ».

 

Emile Durkheim (1858 - 1917)

Sociologue, fondateur de la sociologie, auteur d’une méthode rigoureuse d’analyse des « faits sociaux « .

Il s’appuie sur la science pour réformer la société.Il diagnostique le passage de la solidarité mécanique en solidarité organique (fondée sur la complémentarité des individus résultant de la division du travail engendrée par l’industrialisation)… D’où de nombreux écrits sur la morale, l’individu, l’éducation, où le sociologue cherche une manière de renouveler ce que l’on appellerait aujourd’hui le « lien social », afin d’éviter les situations d’anomie, c’est-à-dire celles où les aspirations individuelles ne sont plus régulées par les normes sociales.

En 1897, il publie Le Suicide  : cet acte que tout le monde croit personnel. Il y démontre qu’il varie en fonction de l’intégration de l’individu dans la vie sociale, de la religion, des saisons…

 

David Hume (1711 - 1776)

L’un des principaux penseurs du courant philosophique empiriste. Son importance dans le développement de la pensée contemporaineest considérable : Hume eut une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du xxe siècle et sur la phénoménologie.

Pour Hume, la science expérimentale est principalement inductive et doit se limiter à la découverte de lois, de relations constantes. Notre raison ne peut pénétrer la nature ultime ou l'essence de celles-ci. En revanche, elle peut tenter de les dégager des faits, à travers les faits, par l'examen de ceux-ci.

David Hume prône un scepticisme modéré qui permet d'explorer le champ de l'expérience tout en rappelant les faiblesses de la raison.

 

Max Weber (1864 - 1920)

Economiste et sociologue, reconnu comme un des fondateurs de la sociologie compréhensive.

La thèse de Weber,l’individualisme méthodologique, consiste à expliquer les faits sociaux à partir des comportements individuels (à l’inverse du holisme). L’individu agit selon des valeurs, croyances, il ne se contente pas de réagir aux stimulations de l’environnement. Il a toujours une liberté d’action mais Weber accorde qu’il n’est pas toujours maître des effets que ses actions peuvent entraîner. Pour étudier les comportements sociaux, Weber développe une méthode, celle de l’idéal-type.

L'oeuvre de Weber est dominée par une recherche sur la rationalité et, plus spécifiquement, sur le processus de rationalisation de l'action pratique comme caractéristique propre de la modernité en Occident.

L'essentiel de son oeuvre de sociologue est constituée par une sociologie des religions.

 

André Leroi-Gourhan (1911 - 1986)

Préhistorien, ethnologue.

André Leroi-Gourhan a consacré une partie de son œuvre à l'anthropologie des techniques. Développant une pensée originale, indépendante de la philosophie universitaire, il propose une image de l'homme, animal technique autant que rationnel.Son objectif est de ne pas séparer ethnologie et archéologie, par le biais d'une analyse en profondeur de la technologie, c'est-à-dire des rapports entre les activités intellectuelles et manuelles.

 

Ulrich Beck

Sociologue.

 

Ulrich Beck s'attache à comprendre les mutations de nos sociétés à l'heure de la mondialisation, en développant une sociologie du risque et la notion de cosmopolitisme.


Anthropologie de la maladie et de la santé

Claude Lévi-Strauss (1908 - 2009)

Voir conférence le lien thérapeutique

 

Bronislaw Malinowski (1884 - 1942)

Anthropologue, ethnologue et sociologue polonais.

Au cours de trois séjours dans les îles Trobriand, il analyse un type d'échange particulier, la Kùla, inaugurant ainsi l'anthropologie économique. Lors de ses diverses expériences de terrain, il pratique la méthode de l'observation participante.

Il est connu pour avoir systématisé la pratique de l'anthropologie de terrain et avoir proposé une méthode dite d'«observation participante».

Il reste également célèbre pour sa formulation d'une nouvelle interprétation anthropologique, le fonctionnalisme, qui s'oppose à la fois à l'évolutionnisme et au diffusionnisme.

Georges Balandier (1920

Ethnologue, sociologue français.

Il est un des premiers à tourner son attention de l'étude des sociétés traditionnelles à celle des

mutations en cours dans les sociétés contemporaines africaines.

Il invente le concept de « tiers monde » en 1956 pour souligner les analogies qu'il voit entre les 

pays africains et le « tiers état ». 

Il a fondé en France un courant de réflexion sur l'anthropologie politique. 

 

Wilhelm Dilthey ( 1833 - 1911)

Philosophe allemand.

Au centre de son oeuvre se situe l’entreprise d’une fondation philosophique des sciences de l’esprit. Dilthey sépare les « sciences de l’esprit » des « sciences de la nature ». Selon lui, les sciences humaines subjectives devraient être centrées sur une « réalité humaine-sociale-historique ». À ses yeux, l'étude des sciences humaines implique l'interaction de l'expérience personnelle, la compréhension réflexive de l'expérience et l'empreinte de l'esprit dans les gestes, les mots et l'art. 

René Leriche (1879 - 1955)

Chirurgien, physiologiste français.

 

Il fut l’un des premiers à s’intéresser à la douleur ; il laisse en particulier son nom à un syndrome douloureux encore mal connu aujourd’hui.


L'inconscient

René Descartes (1596 - 1650)

Mathématicien, physicien, philosophe, biologiste.

Considéré comme le fondateur de la philosophie moderne, il est le premier à accorder une place centrale à la subjectivité humaine. 

Il propose une méthode inédite fondée sur le doute radical, qui vise la certitude, autrement dit l’absence de doute. Il fera ainsi reposer tout son système sur les deux seules vérités absolument certaines découlant immédiatement de ce doute : la certitude de sa propre existence (ou conscience) – « je pense, donc je suis » – et l’idée de Dieu.

 

Sigmund Freud (1856 - 1939)

Médecin neurologue autrichien.

Fondateur de la psychanalyse, il repense les processus et instances psychiques, et en premier lieu les concepts d'inconscient, de rêve et de névrose puis propose une technique de thérapie, la cure psychanalytique.

 

 

Eduard von Hartmann (1842 - 1916)

Philosophe allemand.

Il popularise, avant Freud la notion d’inconscient. Dans un ouvrage célèbre, « La Philosophie de l’inconscient », qui couvre pratiquement tous les aspects concevables de l’inconscient, il synthétise la volonté de Schopenhauer et l'inconscient de la philosophie de la Nature de Schelling. 

 

Gottfried Leibniz (1646 - 1716)

Mathématicien, philosophe.

Il est le premier à démontrer l’insuffisance de la conception cartésienne de la conscience (ou cogito). Leibniz dissocie quant à lui pensée et conscience en affirmant que bien que nous pensions toujours nous ne sommes pas toujours conscients de ce que nous pensons.C’est à partir de cette démonstration que Freud construira sa théorie de l’inconscient, puis la pratique psychanalytique.

 

Arthur Schopenhauer (1788 - 1860)

Philosophe allemand.

Dans "Le monde comme volonté et comme représentation", Schopenhauer soutient qu'il existe à l'œuvre dans la nature et dans chaque homme une volonté inconsciente. Cette volonté ou ce vouloir-vivre unique, immuable et sans finalité propre s'oppose au moi superficiel, sujet de la connaissance. 'La volonté' inconsciente correspond, en fait, aux instincts psychiques de la psychanalyse. 

 

 

Friedrich Nietzsche (1844 - 1900)

Philosophe allemand.

Il a toujours eu la certitude que l'esprit conscient était l'instrument de l'énergie vitale inconsciente. Il a inventé le terme "ça" que Freud a employé pour désigner les éléments impersonnels de la psyché soumis à la loi de la nature.

 

Franz Mesmer (1734 - 1815)

Grâce aux résultats obtenus par l'hypnotisme, ce médecin allemand a réussi à mettre en évidence l'obstacle que pouvait constituer la conscience pour la guérison . Au moyen du "magnétisme animal" ce dernier prétendit pouvoir guérir définitivement les maladies mentales. Il n'a procédé à aucune vérification scientifique, néanmoins son travail sur l'hypnose a éveillé un vif intérêt chez les psychiatres, notamment chez Freud.

Amand Marie Jacques de Chastenet, marquis de Puységur (1751 - 1825)

Elève de Mesmer, il démontre l'importance du sommeil magnétique, encore appelé somnambulique, au cours duquel le patient reste en relation avec le magnétiseur et peut ainsi se laisser suggestionner.

 

Abbé de Faria (1756 - 

Il  a l’ intuition quele somnambulisme ne fait que libérer les pouvoirs cachés de l’âme qui s’expriment par  les rêves. Le magnétiseur ne fait qu’aider son patient à accéder à ses ressources  intérieures.Il fut le premier codificateur de l’hypnose.

 

Hippolyte Bernheim (1840 - 1919)

Médecin.

Bernheim forme ce que l'on a appelé l'École de Nancy, ou École de la suggestion, où il pratique l’hypnose pour soigner les malades mentaux. Il abandonne progressivement l'hypnose, soutenant que ses effets peuvent tout aussi bien être obtenus à l'état de veille que par la suggestion, selon une méthode qu'il désigne du nom de psychothérapie.

 

Milton Erickson (1901 - 1980)

Psychiatre, psychologue américain.

Ses travaux sur la modification des états de conscience et la communication hypnotique bouleversent les conceptions classiques. Considéré comme le fondateur du courant des thérapies brèves, il a notamment influencé les créateurs de la programmation-neuro-linguistique, qui se sont inspirés de sa vision.L’'hypnose éricksonienne "induit" un état de rêverie (un état modifié de conscience) qui permet d'accéder à l’inconscient.

Léon Chertok (1911 - 1991)

Psychiatre français.

Chertok considérait que les psychanalystes négligeaient la pratique de l’hypnose. Il s'est ainsi attiré de nombreuses et vives critiques de leur part.

François Roustang ( 1923

Philosophe, hypnothérapeute français.

Théoricien et praticien de l’hypnose, il abandonne dans les années 80 la psychanalyse traditionnelle pour se consacrer à l’hypnose. Il se situe à contre-courant des idées communément admises. Pour lui, cette technique, loin d’être passive, nous réveille : elle entraîne un état de vigilance extraordinaire, où nous prenons contact avec notre potentiel créateur.

 

Ivan Pavlov (1849 - 1936)

Médecin, physiologiste russe.

Il est considéré comme l’un des fondateurs de la psychologie soviétique moderne. Son travail sur les réflexes conditionnés (ou conditionnels) a eu une grande influence sur la science. PAVLOV est aussi à l’origine de nombreuses recherches sur les processus d’apprentissage, la formation des habitudes, le conditionnement au plaisir et à la douleur, le sommeil, l’hypnose, etc.

 

On utilise souvent l'expression « chien de Pavlov » pour décrire quelqu'un qui réagit de façon instinctive à une situation


Le lien thérapeutique

Xavier Molenat

Journaliste scientifique au magazine "Sciences humaines ».

 

Judith Butler

Philosophe et féministe américaine.

Elle invite à penser, dans l’ouvrage « Gender Trouble », les normes sexuelles à partir des marges, le genre à partir de la performance de la drag-queen.

 

Donald Woods Winnicott (1896 -1971)

Pédiatre, psychiatre et psychanalyste anglais.

Il a principalement théorisé le développement de la psyché chez le nourrisson et le petit enfant.On lui doit la prise en compte de l'importance du facteur de l'environnement, et par conséquent de la personnalité réelle de la mère, parfois dépressive ou imprévisible, dans la pathologie de l'enfant puis de l’adulte.

 

Michael Balint (1896 - 1970)

Psychiatre et psychanalyste.

Son œuvre et ses réflexions s’axent à la fois sur la pratique médicale et sur les questions relationnelles. Il crée les "groupes Balint », outils de supervision et de réflexion sur la relation médecin-malade, et, par extension, de régulation chez tous les professionnels de santé et professionnels de la relation. Ils sont à l'origine des groupes d'analyse des pratiques que l'on trouve dans le monde de la santé, de l'éducation, du travail social et de la formation des adultes.

 

Eliot Freidson (1923 - 2005)

Sociologue américain.Une grande partie de son travail a portésur la médecine dont un ouvrage, « La profession médicale ». Il s’est également intéressé aux techniques d’acquisition du prestige de statut et du maintien des privilèges afférents par les professions médicales, ce qui l’orienta vers un examen critique de l’expertise, des luttes pour le pouvoir au sein de fractions de cette profession, et vers la compréhension du point de vue des malades sur la médecine.

 

Claude Lévi-Strauss (1908 - 2009)

Anthropologue, ethnologue.

 

Auteur de plus d’une vingtaine d’ouvrages, dont le célèbre « Tristes tropiques », Claude Lévi-Strauss est surtout connu pour avoir introduit en anthropologie une méthode empruntée au domaine de la linguistique : le structuralisme. Il ne s’agit plus d’étudier des phénomènes sociaux, les systèmes de parenté ou les mythes par exemple, comme des entités indépendantes ayant une signification propre, mais comme les éléments d’un système organisé, dont les liens seraient révélés par les différences et non les points communs, et d’en tirer des structures de pensée inconscientes communes à tous les êtres humains.Des structures qu’il réunit dans le concept de « pensée sauvage », remplaçant ainsi celui de « mentalité primitive » qui a alors cours.